« Femme Non Rééducable » Festival de Bruxelles 2013

copyright Nicolas

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« Femme Non rééducable»

Mémorandum théâtral à propos de Anna Politkovskaia

De Stefano Massini

Traduction Pietro Pizzuti

Mise en scène Michel Bernard

avec  Angelo Bison, Andréa Hannecart

Scénographie Thomas Delord

Dramaturgie politique Aude Merlin

Lumières & technique  Tarek Lamrabti

Au Festival de Bruxelles

Cellule 133a

Adresse : 133a Rue Ducpétiaux

1050 Bruxelles

réservations : 0484.833.855

ou via http://www.festivaldebruxelles.be

DU 10 AU 14 JUILLET 2013

À 21H

Une production

UNITÉS /nomade

Coproduction

Théâtre du Sygne

En collaboration

avec le Festival de Bruxelles

Avec l’aide du

Théâtre Marni

L’Arche est éditeur

Et agent théâtral du texte présenté.

www.arche-editeur.com

Anna, Natalia, Rayana, des prénoms, des femmes qui ont été assassinées. Tchétchénie: ce bout de terre proche de la Turquie, ce pays que Staline avait épuré, ce lopin généreux en gaz et en essence, ce pays mystérieux a subit deux guerres violentes. Des années de souffrance, de radicalisation du conflit, du jeu des pouvoirs. Des guerres qui n’intéressent personne: trop compliquées, trop lointaines, trop stratégiques. Et la figure de Poutine est omniprésente dans cette histoire.

La guerre est officiellement finie. La ville de Grozny est reconstruite. Il y a des bars, des discothèques, des restaurants, de l’eau courante, du gaz, de quoi manger…. Dans le silence de la reconstruction, la figure de Ramzan Kadyrov, jeune loup qui détient le pouvoir d’une poigne de fer, consolidé par l’aval des Russes, s’amusant aujourd’hui avec Gérard Depardieu, tente de faire oublier le passé et les atrocités dénoncées par des ONG et des journalistes dont Anna Politkovskaïa, qui en a payé le prix fort, la mort!

Anna Politkovskaïa composait une radiographie de l’être humain, une radiographie de la Russie poutinienne, ivre d’elle-même, malade de ses démons, de son autoritarisme à tout va, de son nationalisme sans borne. Elle montrait les nouveaux habits du stalinisme bien au-delà des clichés des Mc Donald moscovites de l’économie libérale.

« Il est impossible de rester sans réagir tandis qu’un long hiver de glace s’installe sur la Russie. Nous voulons continuer d’être libres. Nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants naissent libres. C’est pourquoi nous espérons un prochain dégel, mais pouvons-nous changer seuls le climat de la Russie? Il est illusoire et absurde d’attendre encore que ce dégel vienne du Kremlin, comme ce fut le cas sous Gorbatchev. Il est tout aussi illusoire d’attendre que l’Occident nous tende la main. C’est à peine s’il réagit à la politique antiterroriste de Poutine. Du reste, la Russie telle qu’elle est aujourd’hui est parfaitement à son goût. Tant qu’il l’approvisionne en vodka, en caviar, en gaz et en pétrole, le marché russe, tout exotique qu’il est, fonctionne en tout point comme l’Occident le veut. L’Europe et le reste du monde sont parfaitement satisfait de la manière dont les choses se passent sur un sous-continent qui représente un sixième des terres émergées de la planète ». (Anna Politkovskaïa)

Pourquoi encore monter un texte décrivant l’horreur, le tragique, les massacres des civils, l’oppression des pouvoirs, l’assassinat? Pourquoi et comment? « «Ecrire pour le théâtre aujourd’hui c’est raconter les naufrages et le monde, ce qui nous en parvient et travailler d’abord sur des formes; si l’humanité prend la parole c’est qu’il lui est arrivé un incident, un événement précis qui l’oblige à pendre position pour la parler et ainsi de travailler des endroits de cette humanité qui n’ont pas encore trouvé leur forme… C’est de cette nécessité de raconter les naufrages du temps présent que naît donc l’écriture contemporaine, le texte en mouvement, pour que s’exprime la puissance de ce qui force à dire, à représenter, à écrire et à penser les chocs. C’est en cela aussi que le théâtre est toujours une opération politique, parce que le fait de souhaiter, à terme, réunir des individus en un lieu suppose qu’on parle et qu’on se parle sous le coup des naufrages de l’Histoire, qu’on le veuille ou non. Et les naufrages de l’Histoire sont finalement ce que le XXème siècle a réussi de mieux » (C.Huysman, C.Biet, C.Triau)

« Femme Non rééducable » – le destin d’un regard citoyen, d’un oeil révolté, d’une mort annoncée. La Tchétchénie c’est ça. Du sang, des larmes, des cris, des soldats, des crimes, des viols, des massacres, du népotisme, des rapports de force entre les bandes, des civils qui cherchent les disparus, les morts, de l’appréhension de la violence illimitée, des tensions quotidiennes avec l’armée russe, des bandes rivales, de la misère, de la violence insupportable, des fagots humains, une zone de non-droit, des prises d’otages, des empoisonnements…

« Femme Non rééducable » – une journaliste, une femme,  ses craintes, ses peurs, ses angoisses, les rapportes de plus en plus complexes entre elle et les autorités russes,  son arrestation après avoir interviewé le colonel Alexeï Romanov… ces quatre coups de revolver qui l’enferment dans le silence.

« Femme Non rééducable » – Anna Politkovskaïa: « Je suis une paria. .. Je ne plaisante pas. Il y a quelque temps, Vladislav Surkov, chef adjoint de l’administration présidentielle, expliquait qu’il y a des gens qui sont des ennemis, mais avec lesquels on peut parler pour les raisonner, mais qu’il en y a d’autres qui sont des ennemis incorrigibles auxquels on ne peut parler et qu’il faut tout simplement éradiquer de l’arène politique. Ils sont en train d’essayer de nous éradiquer moi et mes semblalbles ». (in « Une femme condamnée » article publié dans The Guardian – 14 octobre 2006)

« Il ne faut pas oublier…jamais… Il faut continuer d’en parler,

oublier c’est trahir.

Un peuple qui oublie est un peuple condamné »

Anna Politkovskaia

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